Revue des livres et des idées
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En finir avec le cycle du seum

Par Nathalie Quintane

24 septembre 2026

Il y a quelques mois, sur France Culture, Anne F. Garréta1 rappelait la nécessité d’inventer en poésie. Elle (en) était venue à l’Oulipo, disait-elle, parce que ce groupe était porté par l’idée que « les formes, quand on saisit leur fonctionnement, leur articulation profonde, permettent d’inventer », que cela n’avait pas grand-chose à voir avec les « contraintes », ces « recettes de cuisine », auxquelles on avait fini par réduire le collectif avec le temps, non, l’Oulipo, comme tous les mouvements artistiques, avait à sa fondation une fonction historique précise : s’opposer au surréalisme, en finir avec l’étouffoir qu’il était devenu à la longue, son organisation pyramidale, son pape et ses initiés, sa dérive ésotérique (Breton parlait de « l’occultation du Surréalisme »), pour s’ouvrir à ce qui n’avait pas encore informé la poésie, les mathématiques contemporaines par exemple.

« L’Oulipo correspond à un moment particulier de l’invention culturelle, fondé sur un paradigme qui est maintenant obsolète, qui était un paradigme bourbakiste, logiciste, chomskien ; ce paradigme a été extrêmement productif pendant des décennies, et maintenant il est remplacé par autre chose », explique Garréta. De fait, l’IA et nos (plus si nouvelles) machines nous ont fait passer à un modèle probabiliste. Mais la poésie eut et a d’autres paradigmes que ceux des sciences « dures », de leur évolution, de leurs vérifications et rectifications. Elle n’est pas pour autant « irréfutable » ni même « inadmissible2 », elle n’occupe pas l’espèce d’empyrée où certains philosophes ou historiens3 ou autres essayent encore de la tenir, elle n’est pas « au-dessus » ou « à part », et c’est ce qu’au fond la plupart des poètes n’ont cessé de dire ou de suggérer, de Villon à Tarkos en passant par Rimbaud ou Ponge. Il y a, en tout cas, cette généalogie en poésie.

C’est toujours frustrant, et pour tout dire agaçant, d’observer sous l’apparence d’un grand chambardement le retour incessant des mêmes vieilles lunes, car il ne suffit pas d’imprimer le mot « feu » sur une couverture pour qu’il y ait le feu à l’intérieur. Je pourrais citer ici une bonne trentaine de titres récents4 qui comportent ce mot ou ses déclinaisons (« braises », « cendres », etc). J’aimerais croire qu’il s’agit uniquement d’initiatives éditoriales et commerciales et que les travailleuses et les travailleurs que sont les poètes ne sont pas dupes de ce type d’opération. Oui, nous avons le feu au cul et nous souhaitons foutre le feu au vieux monde – n’est-ce pas le minimum, quelle que soit notre activité principale ? Le public, me semble-t-il, attend tout de même autre chose que le simple rappel de thèmes désormais convenus – comment ne le seraient-ils pas quand on les voit en pile dans les librairies et qu’on entend un peu partout la même exaltation plus ou moins tenue en bride selon les circonstances ?

Mais d’où viennent ces soudains embrasements stylistiques ? Ma foi, d’un peu partout. Entre les « réseaux » et les diatribes enflammées de qui prend la parole et de qui l’a de toute éternité (la bourgeoisie et son petit personnel politique), l’inspiration ne manque pas – la poésie n’est pas « à part », n’est-ce pas, les poètes et les artistes ne sont pas imperméables, ils trempent dans le même bourbier linguistique que tout un chacun, ils y travaillent, certain·es le démontent ou le « traduisent »5 : cela fait partie de notre tâche, même si ce n’est pas très agréable. Aussi, il ne faudrait pas confondre punchlines (de celles qu’on place en couverture) et statements développés des manifestes, il ne faudrait pas amalgamer relevés de l’expérience, des sensations, et célébration tous azimuts des émotions, attention au lexique et dog whistle – OK, tu as mis « black bloc », je sais donc que tu es du bon côté du manche…

Le problème de la poésie française, c’est qu’elle s’use vite, qu’on s’en serve ou pas. Or elle ne s’use pas toute seule : on l’use. Il ne faut pas oublier que la poésie est d’abord scolarisée, qu’elle passe par ce tamis-là, celui d’enseignants qui, en général et à l’image de la population générale, préfèrent le roman, genre dominant depuis la fin du xixe siècle. Sortir enfin (au moins un peu) la poésie du livre et de l’école pour en faire une force d’opposition6, c’est ce à quoi se sont attachées toutes les avant-gardes historiques puis la poésie action à partir des années cinquante – lignée dans laquelle une partie des poètes des années quatre-vingt-dix se sont inscrits. Cette marge, toujours fragile, est à la fois éclipsée et pompée depuis vingt ans par le Printemps des Poètes. Le Printemps a aggravé la scolarisation de la poésie – en tout cas, il n’a pas contribué à la déscolariser. Quand le Printemps n’aura plus de fric, on va pleurnicher dans le milieu – impossible de faire la moindre lecture publique en mars si elle n’est pas labellisée par le Printemps. Comme les autres, je regretterai ce pognon, mais je ne regretterai pas, oh non, les thèmes annuels invariablement ridicules7, l’accent mis par conséquent sur ce dont on parle plutôt que sur la manière dont on le fait, le lyrisme de bon aloi, la pseudo-­véhémence, Maurice Carême remplacé par les poètes printaniers et j’en passe.

En 1997, et pour sortir déjà de l’impasse réactionnaire (je parle d’une impasse esthétiquement et politiquement réactionnaire, – ça va ensemble – pas du bulletin qu’on met dans l’urne), Jean-Marie Gleize écrivait : « Il n’y a pas dix solutions possibles, il n’y en a que trois : restauration, invention, négation c’est-à-dire affirmation autre. Inutile de dire que seules les positions deux et trois me semblent correspondre à quelque chose aujourd’hui8. » En poésie, en art et dans la vie, les positions deux et trois se soutiennent et se nourrissent l’une l’autre – Garréta le rappelait : l’invention est capitale. Pas d’autres mondes sans d’autres langues.

Be water : sans doute les mots qui disent au plus près, au plus juste, ce que pourrait être la poésie aujourd’hui – et ce qu’effectue Théo Robine-Langlois, à nouveau, dans Crue… mais cherchez le titre… cherchez son nom sur la couverture… Comme dans Le plaisir d’un casse retardé par les plantes maintenant ou en toute occasion passe comme un coup de vent, autre opus paru chez Dépense défensive, le titre, à tous les sens du terme, le nom propre, qu’on oppose en français à commun, sont absents ou noyés dans la page… Ces petits livres, soignés, proposent seulement en première de couverture la photographie d’une partie du corps – des doigts, un dos et de belles fesses plutôt masculines –,
soit une autre image du poète, mot vieillot et pesant qui contrevient à la fraîcheur, à l’inventivité et à la vie qui prennent ici formes ; artiste ne conviendrait pas mieux. Quelqu’un essaye de s’en sortir, quelqu’un s’en sort, ou pas, par des métamorphoses, quelqu’un en livre des bribes, se livre par bribes, quelqu’un laisse au lecteurice le soin de s’y perdre, de s’y chercher, de s’y trouver par moments. Ce quelqu’un n’est jamais personne et ce n’est pas une personne non plus. De l’eau, peut-être :

Quand je nage >¡< J’essaye d’être comme de l’eau >¡< Souple et silencieux je glisse

Parfois plus précis :

Je me peux à l’aide de mes trois paires de nageoires >¡< À travers les mers hallucinées >¡< Un mouvement de nage

Sous l’eau >¡< On apprend à respirer >¡< On s’adapte

Ou devenir cette hyène-acrobate, « she-dandy lambda », dans Le Plaisir d’un casse.

Pas d’identité fixe. Pas de genre. Mais Robine-Langlois ne l’affirme pas, n’en pose pas a priori l’étiquette, la marque. C’est à la langue et à ses formes, à l’objet livre aussi, de s’y brouiller et débrouiller sans tenter d’en faire la preuve, de montrer au monde qu’on est bien d’époque, que c’est du garanti sur facture. Queer est le terme qui conviendrait le mieux, mais c’est moi qui le dis, c’est moi qui vous rassure ou vous inquiète, c’est moi qui impose là où rien ne s’impose. Dans le travail, par le travail, il n’y a pas de queer, pas de poète queer, pas de poète tout court : be water.

Mes œufs pleins de vie contaminée >!< Sont au chaud dans ma poche ventrale >¡< Je me balade

Or cela se fabrique dans une langue et dans des procès liés à l’art (visuel, sonore). Vous pouvez très bien affirmer que vous êtes « avec » ou « parmi » ou « dans » le peuple, que votre travail vient de là ou y va, qu’il n’est pas « élitiste » ou « formaliste », si vous le faites dans une densité néo-lyrique, non critique (y compris par rapport à elle-même), considérant que pour parler « aux gens » le sujet-verbe-complément suffit, vous faites, d’une certaine manière, le contraire de ce que vous dites. En art, seul ce qu’on fabrique et ce qu’on y fabrique compte. Le thème, s’il a des conséquences commerciales évidentes (combien de collections « émeutes » après mai 68 ? Combien de collections « féministes » aujourd’hui ?), a peu d’incidence réelle sur le fond du problème et l’enjeu de la question. Quelle question ? Mais la question politique, bien sûr, la question de la vie que nous entendons mener ici, maintenant, comment, avec qui, pour qui et pourquoi.

Habiter un endroit >¡< Sans partager une expérience commune >¡< Notre condition

Ce livre de Théo Robine-Langlois, Crue, aurait probablement été classé dans le « formalisme décadent » à une époque – et je prendrais bien le pari qu’il le sera encore in petto par certains aujourd’hui. Eh quoi ? Il n’y a pas de vers. Pas de ponctuation. Pas de retour à la ligne conforme au Vers libre international que fustigeait à raison Jacques Roubaud. Pourtant c’est composé ; c’est faussement régulier ; pseudo-contraint. Soit chaque fois trois « séquences », séparées chacune par un signe, ou plutôt un signal, typographique >¡< qui rythme et cadence la coulée. Ce même signal >¡<, multiplié, compose en début de « chapitre » une sorte d’image : un poème visuel, parfois un calligramme où apparaissent tour à tour une libellule, un quasi-triangle, des colonnes interrompues, une clé, une maison (ou une fenêtre ?), un sous-marin, une silhouette, ou l’un de ces insectes d’eau qu’on nomme patineur… C’est l’un des mérites de Robine-Langlois d’avoir tiré la poésie dite visuelle de la niche bien secrète, bien « expérimentale », c’est-à-dire bien oubliée, où on la tenait depuis des décennies. Peut-être parce qu’elle propose une lecture radicalement différente, non déchiffrante mais « balayante », rapide, synthétique, sans demande d’attention particulière à la signification même s’il y a « sens » – et sens à tous les sens. Sens sensible.

Alors… Queer ? Formaliste décadent ? Poète expérimental ? En voilà, des étiquettes pour passer son chemin sans se poser de questions ! J’en ai d’autres dans ma besace, si vous y tenez. Aussi je dirais comment le « communisme sentimental » de Robine-Langlois se nourrit de cultures et de références disparates, accessibles, peu communes en poésie. La she-dandy lambda du Plaisir d’un casse semble par exemple au croisement entre la fantasy politique de Le Guin, le gothique scientifique et tardif de Stoker (son Dracula date de 1897), les romans plus ou moins anarchistes qui mettent en scène des monte-en-l’air, Lupin même, le gentleman cambrioleur, voire la vie de Marius Jacob, un vrai celui-là, et une certaine ambiance poétique de la fin du xixe – les Complaintes de Laforgue, mélancoliques et drôles –, mais tout autant le rap français des années quatre-vingt-dix, dont Robine-Langlois dit qu’il lui doit sa formation politique :

Sans filtre >!< Dénonciations de crimes >¡< Coloniaux

La fantasy revient nommément dans Crue : Numenor, l’île située au large de la Terre du Milieu imaginée par Tolkien, variation de l’Atlantide, ouvre un chapitre, mot-corps, mot qui constitue le corps d’un insecte au beau milieu de la page. Ces séquences pourtant si simples, dont les jeux de mots et les onomatopées ne sont pas absents (comment ne pas attendre, en contexte amoureux cataclysmique, « le chant des cétacés » en « chant des c’est assez » ?), convoquent une culture plus savante. Difficile de ne pas penser à Arno Schmidt quand on lit ces éclats visuels et pensifs, ces syntagmes tronqués, ces sauts, cette complexité thématique. Il y a d’ailleurs bien une façon de récit, une sorte d’histoire dans Crue – celle d’une séparation et de la dépression qui a suivi – mais elle est diffractée, réverbérée, comme vue et vécue sous l’eau, l’eau des larmes, dont certaines parties sont comme baignées

Le cycle de l’eau >¡< Le cycle des larmes >¡<
Le cycle du seum

– et c’est ce qui la sauve, dans ses rencontres, dans ses métamorphoses incessantes, jeu des écailles, passages des poissons, glissements successifs. Un mot qualifie cet amour : odhrite, dont il faut sans doute aller chercher le sens dans les poèmes du philosophe du xie siècle Ibn Hazm : « Tel qui se voit du fond des flots pense à la terre », écrit-il dans son recueil le plus célèbre, Le Collier de la colombe, ou encore : « Les larmes coulent librement […] Si l’être épris cache le secret de son âme, les larmes de l’œil le décèlent et le trahissent […] Quand, des paupières, jaillit le flot des larmes, c’est que le cœur renferme une passion cruelle ! » Ibn Hazm avait alors une trentaine d’années et partait d’anecdotes personnelles pour composer ce traité d’amour en Islam qu’on apparente en général à l’amour courtois – son traducteur, Gabriel Martinez-Gros, le pense toutefois plus proche, dans la subtilité de son analyse psychologique, de Madame de La Fayette et de Choderlos de Laclos9.

C’est qu’Ibn Hazm est aussi grammairien, et là est la jonction avec le texte de Robine-Langlois quant à la réflexion sur la langue : « Mon regard te suit partout où tu te diriges et quelque mouvement que tu fasses, tout comme, en grammaire, l’épithète suit le nom qualifié auquel il se rapporte ». Ce que Crue fabrique, séquence après séquence, c’est une « grammairocéan » (mot que brandit le calligramme-silhouette humaine de la page 79), soit une langue qui permette d’échapper au « Léviator » et à « l’Ennuig »

Sans ennui >¡< Nous serions magnifiques >¡< Et sans déni

à la « Pression », au jeu de mots « Sargasso »/« Sarcasme » et à une « boucle » névrotique (tous ces mots apparaissent en tête de chapitre). Référence, bien sûr, au poème fondateur de Guillaume Apollinaire, sa Lettre-Océan, dans laquelle il captait des bribes entendues, variait les typos, parlait à son frère au Mexique… C’est de ce lâché hétérogène-là que vient aussi le travail de Robine-Langlois, de ce lyrisme brisé du début du xxe siècle. « Nouvelles formes grammaticales ou anesthésie », conclut-il en fin de séquence.

La force de ce texte : lier intimement la question amoureuse à la question politique, nous parler d’inondation au figuré comme au propre. L’inondation, les inondations, c’est ce qui nous attend, et ce que nous vivons chaque année dans le désordre des saisons et du réchauffement climatique.

L’eau noire et visqueuse >¡< Envahit les maisons >¡< Plus personne peut y vivre

[…]

On ne peut plus boire l’eau du robinet >¡< Il faut acheter des bouteilles d’eau en plastique >¡< Ça fait énormément de bouteilles par semaine

[…]

Des personnes vendent >¡< De la drogue fluide >¡< Pour s’en sortir

Dans les Vosges >¡< Des jacuzzis saccagés >¡< Servent d’avertissement

Je fais du rugby >¡< C’est le soir >¡< Au bord du terrain un meeting politique sur la question de l’eau

Le présent est dystopique :

Les marais stagnent >¡< Les corps s’enfoncent >¡< Les bois morts flottent

Un nouveau monde amoureux est nécessaire, plus encore qu’au temps de Fourier, et ce monde, il s’agit de l’inventer maintenant, d’y trouver « des ârmes », d’en finir avec les marées, d’oser l’eau comme condition pour changer notre rapport au monde

La grammairocéan >¡< détermine >¡< nos inconsciences

[…]

J’ai besoin d’eau >¡< Pour réfléchir >¡< Pour refléter mes océans

L’eau tout autour de moi >¡< Brouille ma vision >¡<
Et je change de rapport au monde

Je ne suis plus scopophile >!< Ni voyeur >¡< Ni exhibitionniste

Sous l’eau >¡< Ça ne sert plus à rien >¡< On peut juste entendre et se toucher.

Ce nouveau monde poétique, amoureux, politique, ce serait celui où sentir = penser

Sentir >!< Penser >¡< Quelle différence

Dans son fameux statement (« Empty your mind, be formless, shapeless, be water ») Bruce Lee précise : « Water can flow or it can crash. » C’est bien ce que sous-entend Crue en passant du passif (je l’ai crue, ce fut cru et cruel) à la submersion par les eaux puis à l’utilisation de la force de l’eau et à notre propre transformation. Nous sommes pour le moment ces « ondins, lunatiques, sélénites », non adaptées, sous-marins, odhrites et grammairiens, mais nous sommes aussi

Les sources >!< Qui empêchent la construction des châteaux

Robine-Langlois est « poète » au sens où tous ses livres portent un regard rétrospectif et réflexif sur la langue et sur la poésie – non sur « ce qu’elle peut », sa pratique tenant lieu de théorie et ne se départissant jamais d’un recul de rigueur, on s’y pose moins la question du Pouvoir que celle d’une approche de la vérité vécue, de l’expérience. Il faut, c’est vrai, reprendre un peu du temps qu’on nous vole pour lire ces textes, qui n’apportent aucune solution et ne sont pas des chevaux de Troie pour des discours militants. Sur l’importance de l’activité à laquelle il se livre, loin, très loin de certains de ses prédécesseur·es, Robine-Langlois affirme

La rage d’écrire >¡< N’existe pas >!< Uniquement rage de vivre toujours plus fort

Sans doute est-ce l’une des raisons pour lesquelles les poètes de sa génération parmi les plus inventifs (je pense à Antoine Hummel10) sont en train depuis quelques années de remanier de fond en comble les systèmes de publication et de diffusion, en autogestion et en totale indépendance financière, développant des réseaux transnationaux – bien entendus liés à l’activisme, à des prises de position et à des formes de vie politiques. Sans doute s’agit-il d’éviter une « situation à l’italienne », soit une coupure entre la poésie dite « de recherche » (distribuée de la main à la main ou en ligne sur des sites spécialisés)11 et la guimauve sexy plus largement accessible. La baisse accélérée des aides publiques en France menace de disparition la « voix moyenne », celle qui nous a permis – et nous permet encore – de publier une poésie contemporaine dans une maison d’édition dont les livres sont largement diffusés et distribués, comme P.O.L, Flammarion (mais la collection « Poésie » de cette maison n’est plus, hélas) ou Corti aujourd’hui. La dégradation de l’ordinaire et de la langue12 nous requiert toutes et tous – concernant la langue, le boulot qui nous attend est monstrueux ; les poètes ne seront pas de trop ⏺

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